Il est vrai qu'à ce jour aucun équipement ne joue un rôle attractif même si le spectacle permanent de la mer Caraibe suffit ici à combler d'aise. Pourtant, pour ceux qui aiment l'éco tourisme bien plus que les plages d'hôtels, cette petite section renferme des trésors de simplicité.
Son port de pêche surtout, en contre-bas de la RN2, il suffit de tourner à gauche dans le sens Basse-Terre/ Bouillante, au niveau du panneau indicateur "Anse du Val de l'Orge", pour aboutir sur l'épi fracturé et le ponton bien abimé qui sert d'embarcadère aux pêcheurs, du moins aux rares qui perpétuent cette activité. Autrefois, Val de l'Orge était réputé pour cette activité halieutique pratiquée de manière artisanale. Les habitants des "hauts" descendaient au Val de l'Orge et à Rocroy pour se fournir en poisson.
Aujourd'hui, il devient urgent que ce port de pêche connaisse quelques aménagements et qu'il y ait notamment une structure de conserverie. Les professionnels ont déjà émis l'idée de créer un village de pêcheurs. Lequel aurait à la fois une vocation touristique et économique, car il relancerait probablement l'activité et n'obligerait plus les professionnels à monter au niveau de la route nationale pour vendre le fruit de leurs efforts quotidiens.
Du fait de la petite quantité de barques, il n'est pas rare non plus de voir des baigneurs qui profitent de la plage à quelques mètres du port. L'eau n'est pas polluée et l'anse la préserve de la houle. Quelques arbres dont un gros tamarinier-bord-de-mer servent de point d'ancrage pour le pique nique. Il suffit alors d'improviser un barbecue et d'acheter quelques poissons. Historiquement, l'Anse du Val de l'Orge était un lieu de débarquement d'esclaves, comme l'Anse à la Barque.
Au cours de la seconde guerre mondiale, des allemands auraient été vus, débarquant dans l'anse. Un archéologue a également retrouvé des traces de civilisation amériendienne, des fragments de haches notamment. Les indiens ont probablement occupé cet endroit avant l'arrivée des premiers colons.
Quand au nom Val de l'Orge, il s'inspire du patronyme d'un capitaine de milice. En amont de la ravine Grand et Petit Canal, l'agriculture vivrière (patates douces, manioc...) couvrait des hectares de terre, jusque dans les années 70. De la même manière, le manioc était largement répandu et l'on trouve encore sur cette section des traces de manioqueries qui sont aujourd'hui complètement en friche.
Autre culture autrefois très répandue, celle du maïs alors qu'en bordure des parcelles des champs on plantait des pois de bois et des gombos. Le bassin Feuillard, au pied de la ravine à quelques 70 mètres en contrebas de la RN2, était un lieu de baignade mais surtout proprice à la pêche aux ouassous. La chasse était aussi pratiquée dans une moindre mesure, surtout celle du racoon et du guimbo. Ces chauves souris carvernicoles sont aussi frugivores. Elles sont tout particulièrement attirées par les fromagers et les sapotillers en fleurs. Les chasseurs armés de batons tapent dans les ailes déchirées par les épines du bois.
L'animal se trouve alors déséquilibré et tombe au sol. Aujourd'hui les guimbos ne sont plus chassés et les racoons sont devenus une espèce protégée. Le maraichage a pris le relais des cultures d'antan et des points de vente, au croisement de la route de Cousinière notamment, de tomates et de salade fraîches, se sont institutionnalisés pour le bonheur des demandeurs.
sky b.
